Extra Musica EP

Posté le Mercredi 29 décembre 2010

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DRAGIBUS
Extra Musica EP

(Autobus / 2000)

En guise de transition vers les formats pop amorcés sur Lollipop, Dragibus livre un EP de 15 minutes au doux parfum d’école primaire. Un enfant annonce la venue d’un Papa Crocodile… qui a la manie de s’infiltrer partout dans une chanson endiablée tous synthés dehors (A Crocodile In A Aquarium). Succèdent Il Ditto In Bocca transformé en marche de petit soldat puis une partie de marelle douce-amère sur Amarelinha. Croc-Monsieur s’ouvre sur un chaos de bidouillages électro avant d’enchaîner sur une reprise pêchue de Alma Sauce tiré du premier album. Puis le saurien revient le temps d’une histoire racontée par une petite fille pour s’endormir sur une berceuse japonaise au xylophone, Kanaria Song. Brut et caressant, Extra Musica s’aborde comme une bouffée d’oxygène au milieu d’atmosphères désespérément sérieuses.

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cartoonsonore @ 11:25
Enregistré dans 02. Cartoons sonores
Mascarade

Posté le Mercredi 22 décembre 2010

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DRAGIBUS
Mascarade

(Autobus / 2006)

Tradition charmante pour les uns, supplice auditif pour les autres, les chansons de Noël constituent un événement redouté par le mélomane devant faire face aux arrangements sirupeux maintes et maintes fois entendus. Heureusement, Dragibus est là et prouve une nouvelle fois sa capacité à renouveler les répertoires les plus profondément ancrés dans la culture populaire. Un chant désuet nous prépare au pire avant de s’évanouir pour laisser la place à une reprise rock du I Hate Christmas tiré de l’émission pour enfants Sesame Street. L’esprit de Noël est abordé dans toutes ses représentations, invoquant les standards Let It Snow ! et Frosty The Snowman en mignardises pop et emmenant les enfants méchants (Rossz Gyerekek) sur fond d’orgue menaçant. La rêverie mélancolique est assurée par Isten Csiga, le Dieu Escargot glissant sur un tapis de guitares cristallines, la chanson yiddish Rojinkes Mit Mandlen prend des allures brechtienne avec son accordéon et ses percussions cabossées tandis qu’Anne Sylvestre s’invite dans un écrin de cordes délicates pour Mélanie Dans La Neige. Le célèbre All I Want For Christmas… sublimé par l’interprétation loufoque de George Rock des City Slickers devient une ballade désabusée aux effets cheaps. Puis le disque s’emballe jusqu’à l’hystérie sur Eine Muh, Eine Mäh avant de conclure sur Sapin Vert, où le groupe s’essaye à la pop synthétique frenchie à base d’électro dépouillée et de paroles décalées. De quoi conclure en beauté ce disque iconoclaste, conçu comme un album à part entière parfaitement écoutable tout le reste de l’année. Comme quoi, tradition ne rime pas forcément avec casse-bonbon…

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cartoonsonore @ 10:52
Enregistré dans 02. Cartoons sonores
Third Reich’n'Roll

Posté le Mercredi 15 décembre 2010

Third Reich'n'Roll dans 07. The Residents R-2665183-1295636378.jpeg

THE RESIDENTS
Third Reich’n’Roll
(Ralph Records / 1976)

Par la réunion des standards pop et de la structure expérimentale du krautrock, les Residents ont fait aboutir leur démarche créatrice vers la question du fascisme du rock’ n roll. Packaging provocateur à l’appui, le groupe adresse l’un des plus violents pamphlets musicaux à l’égard des majors et des médias de masse qui ont peu à peu assaini le genre. Au programme, deux pièces de 18 minutes viennent nous plonger directement dans l’enfer de la pop des années 60-70 où les motifs les plus connus se retrouvent malaxés, broyés et déglutis en une plainte au goût de souffre.
La première, Swastikas On Parade
, s’ouvre sur une intro germanique de Let’s Twist Again des plus militaires. Ainsi défilent les fantômes du rock sous une épaisse fumée rougeâtre, où les vocaux ne sont plus que des baragouinements, où les lignes de basses nous enveloppent progressivement jusqu’au dégoût. Un hélicoptère passe, une formation de cuivres souffreteux s’invite tandis que les guitares offrent une version décharnée de Psychotic Reaction. Alarme déclenchée, échange de tirs… Un piano dantesque s’emballe sur Little Girl avant de céder le champ à un cabaret aux allures expressionnistes. Une tornade survient, le groove n’est plus que larsens et magma bouillonnant ; seul un chœur féminin vient apporter une once de douceur jusqu’à ce que le tumulte s’évanouisse dans une session lo-fi aux cordes et percussions anémiques.
Arrive alors la seconde pièce, Hitler Was A Vegetarian
, s’ouvrant sur un duel de chorales pop. La ballade au piano se fait plus lourde, les riffs de synthé plus glacials alors que surgit le tube Yummy Yummy Yummy transformé en messe noire. Les dépouilles du rock flottent dans l’air, le temps d’une accalmie. Puis les fantômes émergent et envahissent les lieux tout au long du refrain de Hey Jude, livré dans une version oppressante à souhait. De quoi achever le cauchemar en beauté… de quoi nous achever tout court…

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cartoonsonore @ 8:35
Enregistré dans 07. The Residents
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