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Archive pour la catégorie « 06. Spike Jones »

Spiked!

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SPIKE JONES
Spiked ! – The Music Of Spike Jones
(Catalyst / 1994)
 

Parmi les innombrables compilations consacrées à Spike Jones, celle-ci constitue une pièce de choix et s’attache à présenter l’artiste sous son angle le plus avant-gardiste. Pochette illustrée par Art Spiegelman, livret signé Thomas Pynchon, la présentation est pointue.
En ce qui concerne le contenu, Spiked !
offre un parfait équilibre entre morceaux connus et moins connus. Parmi les immortels Hotcha Cornia, Holiday For Strings et Laura, l’auditeur est convié à un défilé de calembours sur Knock Knock (Who’s There ?), à réconforter bébé sur une berceuse tonitruante (Baby Buggie Boogie) ou à aboyer en chœur sur une chanson d’amour pour chiots sur Our Hour. Mais le disque s’avère précieux dans sa deuxième partie pour la présence de trois titres inédits : Deep Purple, romance affectée par l’état de fatigue du chanteur piquant du nez ; Frantic Freeway, sorte de conga pour klaxons et surtout… une version confidentielle du Powerhouse de Raymond Scott. Pour achever le tout en beauté, Spiked ! nous gratifie de la reprise de Nutcraker Suite de Tchaïkovski dans sa version intégrale qui, malgré sa drôlerie, n’entame en rien la poésie de l’œuvre originale. Orchestrations colorées, instruments loufoques utilisés à bon escient, la magie opère et conclue le disque sur une touche d’émotion nous laissant amusés, les yeux brillants d’émerveillement enfantin. Preuve s’il en est que l’œuvre de Spike Jones ne se limite pas qu’à la clownerie… 

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Strictly For Music Lovers

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SPIKE JONES & HIS CITY SLICKERS
Strictly For Music Lovers
(Proper Records / 2005)

Du haut de ses 4 CDs et de ses 95 titres, ce coffret demeure à ce jour l’anthologie la plus conséquente de l’œuvre de Spike Jones. Classé en ordre chronologique, le tracklisting rend compte de l’évolution du style de l’artiste qui aura investi le milieu des crooners pour y insuffler une dose de folie qui ne cessera de s’accentuer.
Le premier CD (1941-1942) reste encore sage avec ses plages jazzy empreintes d’humour bon enfant. Les cloches à vache font déjà leur apparition, les cuivres ronronnent avec bonhomie, soutenus par des banjos guillerets. Arrive alors Clink Clink Another Drink
, premier tube de Spike Jones consacré aux effets de l’alcoolisme, préfigurant la suite de son orientation : celle de vignettes musicales aux évocations triviales à base de bruitages, d’effets vocaux et de modulations humoristiques de ses instruments. Mais l’homme est également capable de ballades romantiques (Three Little Words, Moanin’ Low), de jazz léger (John Scotter Trot, Love For Sale) et de chansons de dessins animés (Der Fuehrer’s Face, tiré du cartoon éponyme de Donald Duck). Les fameux tirs au pistolet débarquent dans Hotcha Cornia, variation drolatique de la musique russe, et annoncent la frénésie future. L’étrange ballade amoureuse Water Lou se charge d’achever ce premier tour d’horizon sur une note de poésie.

(suite…)