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Archive pour la catégorie « 05. Raymond Scott »

Soothing Sounds For Baby

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RAYMOND SCOTT
Soothing Sounds For Baby – Volume 1 : 1 to 6 Months
Soothing Sounds For Baby – Volume 2 : 6 to 12 Months
Soothing Sounds For Baby – Volume 3 : 12 to 18 Months

(Basta / 1997)

En 1975, Brian Eno marqua les esprits avec son album Discreet Music, considéré comme le fer de lance de la musique ambient. L’Histoire en revanche oublia que douze ans auparavant, Raymond Scott en avait livré l’approche clés en main avec 3 vinyles conçus en collaboration avec le Gesell Institute of Child Development. Vendu à quelques milliers d’exemplaires seulement à son époque, ces Soothing Sounds sont rapidement devenus cultes au sein de la scène électro. Conçus comme des « jouets audio », les morceaux reposent sur des boucles répétitives et obsédantes, censées apaiser l’enfant et développer progressivement son univers sonore au fil de sa croissance. Entre la fixation et l’ignorance, les titres s’installent mine de rien, caressent et dorlotent avec leurs mélodies simples et leurs sonorités éthérées virevoltantes comme des papillons.
Le volume 1 s’ouvre sur Lullaby qui, du long de ses 14 minutes, chassent les nuages noirs en laissant ses notes de synthé s’évanouir dans un champ cristallin. Sleepy Time se fait plus ronronnant avant d’introduire les sonorités douces et saccadées de Music Box. L’exotisme s’invite sur Nursery Rhyme avec ses rythmiques proches d’Ecco the Dolphin et sa mélodie bonhomme. Tic Toc comme son nom l’indique tient plus du hochet musical que de la composition classique.
Sur le volume 2, les morceaux s’étendent et invitent à l’amusement avec Tempo Block, dans la lignée de Jean-Jacques Perrey avec son atmosphère guillerette. The Happy Whistler reprend le schéma des premiers titres sous des atours futuristes. Toy Typewriter bascule l’ensemble dans l’abstraction totale avec ses presque 18 minutes de cliquetis passé au filtre électro.
Le volume 3 quant à lui occupe une parade rêveuse avec Tin Soldier, un mille-feuille sonore à déguster  sur Little Miss Echo et un mini-feu d’artifices rythmiques de 15 minutes sur The Playful Drummer.
Le label néerlandais Basta propose une superbe restauration numérique de cette trilogie ; le son est clair et le cachet vintage est parfaitement respecté. Profondément avant-gardiste, annonçant la vague minimaliste des Terry Riley et autres Philip Glass, Soothing Sounds For Baby malgré sa cible d’origine demeure une expérience d’écoute unique qui devrait satisfaire les curieux de tous âges. D’ailleurs, comme l’annonce le livret : écoutez attentivement. Ou pas.

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This Time With Strings

 

This Time With Strings dans 05. Raymond Scott TTWS+CD

RAYMOND SCOTT AND HIS ORCHESTRA
This Time With Strings

(Basta / 2008)

Toujours à l’affût de nouvelles interprétations de ses titres, Raymond Scott s’adjoint un orchestre à cordes pour cet album de 1957. Le résultat ? Tout simplement l’un des plus beaux fleurons de la discographie du compositeur. Rarement la musique de Scott n’aura atteint une telle dimension, où l’émotion se déploie dans un mur de cordes massives et poignantes. Ainsi, loin du simple exercice de la reprise, Raymond Scott opère une véritable relecture de son répertoire et révèle leur charge émotive avec une puissance inattendue. Powerhouse ouvre le feu avec une interprétation dantesque qui n’entame en rien sa drôlerie. Dans cet écrin classique, la mélodie de Pretty Little Petticoat gagne en innocence et celle de The Toy Trumpet en élégance, tous deux transportant l’auditeur dans une douce rêverie.
Mais le choc émotionnel arrive avec Mountain High, Valley Low
où l’amusante vignette asiatique des débuts se retrouve transcendée dans une profonde mélancolie. Paradoxalement, In An 18th Century Drawing Room pourtant calqué originellement sur du classique s’en sort moins bien et sombre dans une certaine préciosité. Mais le disque se rattrape aussitôt avec une parfaite version de Twilight In Turkey à vous faire sourire jusqu’aux oreilles (jamais son célèbre refrain n’aura été aussi malicieux). Succédant clarté des interprétations (Huckleberry Duck) et exploitation plastique du son (Boy Scout In Switzerland), This Time With Strings s’achève sur A Cafe In Sorrento dont la mélodie irrésistible évite les écueils de Rock’n Roll Symphony (de même que les explicites Nightfall–Venice et Serenade qui émaillaient les standards). Un véritable chef-d’œuvre faisant voir le reste de la discographie de Raymond Scott d’un œil nouveau !

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The Rock’n'Roll Symphony

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RAYMOND SCOTT ORCHESTRA
The Rock’n Roll Symphony

(Acrobat Music / 2007)

Échec commercial à sa sortie en 1958, The Rock’n Roll Symphony aura connu deux changements de labels et trois visuels et titres différents avant de se voir réédité par Acrobat Music en version mono et stéréo. Cette fois-ci, nous ne retrouvons plus Raymond Scott en tant que compositeur mais comme chef d’orchestre.
L’intitulé du projet est on ne peut plus explicite : mêler formation classique et rythmique rock. Si l’idée à l’heure actuelle peut faire sourire, elle n’en était pas moins osée pour l’époque… et dans l’esprit de Scott.
Car du point de vue musical, on a surtout droit à du easy-listening des plus classiques, avec tapis de cordes langoureux, flûtes caressantes et saxophones parfois sensuels jusqu’à la caricature. Dès l’ouverture de l’album avec How High The Moon
, on bascule dans un univers de douceur et de romance. Summertime de Gershwin prend le relais avec une coloration presque pop. Malheureusement à partir de Orchids In The Moonlight, les choses se gâtent et l’on s’interroge sur la dimension artistique de la chose où la rythmique rock s’avère au mieux inutile, au pire totalement parasitaire comme sur What Is That Thing Called Love. Le reste du disque est à l’avenant, avec cette dimension cotonneuse et lisse rendant l’écoute certes agréable mais dénuée de toute implication émotionnelle. Il faut hélas attendre la dernière partie du disque avec La Cumparsita pour se réveiller, où les éléments parviennent enfin à se fondre. Mais on déchante de plus belle avec une interprétation pompeuse de Somewhere Over The Rainbow. Au final, on se retrouve avec un album passe-partout sitôt écouté, sitôt oublié.

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