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Archive pour la catégorie « 03. L’Art de la Récup’ »

Schtroumpf Party

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LA SCHTROUMPF PARTY
Volume 1
Volume 2
Volume 3

(France Télévision Distribution / 1995 – 1997)

Source de marchandising monstrueuse, les Schtroumpfs pouvait difficilement échapper à une déclinaison en CDs. Avec l’orchestration médiatique de France Télévision, voilà nos chers lutins bleus propulsés dans l’univers de la dance music dans une série de compils qui furent à l’époque la bande-son de bon nombre de boums. La recette ? Reprendre les tubes d’hier et d’aujourd’hui à la sauce technoïde pour un résultat tout en finesse : rythmiques tapageuses, vocaux à l’hélium sensés incarner les Schtroumpfs, nappes de synthés dégoulinantes…
Le résultat oscille constamment entre l’horreur et l’humour tant l’inanité et le traitement consacré aux créatures de Peyo a de quoi laisser pantois. Le célèbre No, No, No (No Limit) témoigne de cette volonté à aller au plus fonctionnel (faire danser) sous sa forme la plus racoleuse. Si le remix de Oh Suzanna en version reggae (L’Anniversaire Du Baby Schtroumpf) peut faire sourire, on reste toutefois dubitatif quant à l’appel à « croquer la Schtroumpfette et ses schtroumpfs mignons » lancé juste avant une chanson intitulée SOS Amour – Pour Les Enfants Du Monde… ambiance…
Le Volume 2 se concentre purement sur le dancefloor, enchaînant les scies bubble-gum (Moi J’aime Danser, C’est Le Rythme De La Vie), rap (Le Funky) et happy hardcore (l’hystérique Danse De Joie) avant de s’achever sur Petit Papa Noël en version dance et slow. Entre-temps, on aura retenu J’aime Danser – House Music comme étant le titre le plus supportable du lot.
Le volume 3 joue la carte de l’exotisme avec calypso (Paradis D’amour), raï (Aïcha de Khaled transformé en Ah Le Chat !) et autres titres aussi explicites que La Rumba Des Héros ou Chante Le Blues. Par cette relative diversité, les auteurs de la chose allègent leurs effets et se montrent même capables de moments jubilatoires (C’est Carnaval sur le thème de Brazil).
C’est évidemment dérisoire au vu de la médiocrité de l’ensemble qui constitue à ce jour la plus grande perversion de l’univers des Schtroumpfs.

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Sonic The Hedgehog

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SONIC THE HEDGEHOG
(Arcade Music / 1996)

Entre La Schtroumpf Party et Le Lapin Câlin, c’est fou le nombre de personnages que peuvent évoquer une voix trafiquée, du moins dans l’esprit des producteurs. C’est ainsi que l’icône du jeu vidéo Sonic s’est vu consacrer un album entier dans le sillage de ses compiles Sonic Dance Power. Pourtant, malgré ce que laisse supposer le contenu, le résultat s’avère beaucoup moins détestable que ce que l’on aurait imaginé par l’emploi de sonorités rave bien amenées.
Ainsi, le single d’ouverture They Call Me Sonic évite le massacre annoncé par des breaks efficaces qui viennent relancer sa mélodie sirupeuse. Sonic Metropolis Trance Zone comme son nom l’indique nous offre un exercice de trance qui, hélas, peine à décoller. L’arrivée de mélodies au piano façon Robert Miles sur Sonic Electronic n’augure rien de bon jusqu’à ce que Sonic’s Brain Scrap House ne rattrape le tout avec ses bleeps asiatiques. Le second single King Of The Ring s’inscrit dans la lignée du précédent, sans plus. Rave Sonic laisse entrevoir une plus grande maîtrise dans le déploiement des motifs et de sa mélodie accrocheuse. Les titres suivants Entering Death Egg Zone et Sonic & Tails sombrent trop rapidement dans le pompier pour être convaincants tandis que les singles reviennent dans de nouvelles versions. Le morceau de conclusion Final Zone lorgne du côté de Vitalic avec ses nappes de synthé sombres et insidieuses qui donnent un aspect intéressant de ce que l’ensemble aurait pu être une fois débarrassé de ses scories bubble-gum. Un énième témoignage de ce que les années 90 ont pu nous offrir dans la sphère eurodance, avec des dégâts relativement limités pour le coup. Pour peu que la régression vous guette…

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Hey Mr. Bugs !

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BUGS BUNNY & CO.
Hey Mr. Bugs !

(Carton Rouge / 1997)

Suffit-il d’associer deux univers qui plaisent aux jeunes pour accéder au succès ? De ces tentatives de crossover, on retient Space Jam (1996) côté cinéma pour les toons. Un an plus tard, Warner France réitère l’essai sur disque en emmenant le célèbre lapin dans l’univers du rap. Verdict ? Bugs Bunny, comme bon nombre de personnage à succès, endosse le rôle d’emballage à un produit sans âme et sans rapport aucun avec son univers. Sans sombrer dans le clinquant, le disque enchaîne les morceaux aux sonorités moody et aux voix soul dans leur aspect le plus poli ; rien au final qui ne surprendra ou ne choquera les auditeurs. Quoique, entendre un morceau de rap samplé sur du Gabriel Fauré (!) fait plutôt mal aux oreilles (Childhood Memories)…
Alors oui, il y a des scratches, du breakbeat (What About Us ?
), des rythmiques house (Tasmanian Devil), des chœurs féminins (Who Are You ?), le cahier des charges du rap formaté est bien rempli ; sinon, à part ça, rien d’autre. Et ce ne sont pas les singles en français (Hey Mr. Bugs !, Bip-Bip) qui nous convaincront de la crédibilité de l’entreprise.

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