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Archive pour la catégorie « 02. Cartoons sonores »

Album À Colorier

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ALBERT MARCŒUR
Album À Colorier

(Label Frères / 2002)

Pour son deuxième album, Marcœur concentre son propos dans des titres plus courts sans abandonner ses chemins de traverse. Tous cuivres et guitares électriques déballés, l’environnement se fait plus urbain et propice à toutes sortes de rencontres, à commencer par Monsieur Lépousse et sa fleur dans la bouche. Ou Le Père Grimoine, dont la santé déclinante est observée par… le lierre de sa façade (sic) dans une poignante ballade au piano. Ou encore ce type sans nom qui travaillait dans la saleté (La-D’dans) dont l’histoire nous est conté par un Marcœur vociférant à la Captain Beefheart. Plus nébuleux encore, la fille inaccessible rencontrée lors du bal, nous faisant tourner la tête sur Elle Était Belle. Les prémisses d’Aksak Maboul se font sentir parmi la domination des instruments sur Doctorine et la courte session live Fermez La Porte. Comme à son habitude, l’artiste fabrique ses vignettes sur la banalité du monde qui, entre ses mains, se retrouve chargée d’une poésie et d’une drôlerie sans pareil. Entre Le Jus d’Abricot et La Cueillette Des Noix, le regard enfantin de Marcœur embrasse la réalité, du besoin de s’isoler dans Le Fugitif jusqu’à celui de se construire dans Ouvre-Toi, dont les paroles rapiécées et maladroites achève de donner à cet Album À Colorier une dimension bien moins naïve qu’elle ne le laisse supposer.

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Albert Marcœur

Albert Marcœur dans 02. Cartoons sonores

ALBERT MARCŒUR
(Label Frères / 2001)
 

Après des années d’activisme secret au sein de la scène française, Albert Marcœur réédite ses albums (disponibles sur son site web marcoeur.com) pour notre plus grand bonheur. Sur cet opus inaugural de 1974, celui que l’on surnomma exagérément « le Frank Zappa français » nous livre un pur manifeste surréaliste dans le milieu poli de la chanson française. La voix se fait blanche, maladroite, les formats s’établissent avant de partir en digressions sonores loufoques et les arrangements entre jazz et progressif sont joyeusement déglingués. Préfigurant l’univers d’un Katerine, Marcœur conçoit ses chansons sur les situations quotidiennes qu’il s’amuse à extrapoler avec un regard d’enfant sur le monde, que ce soit sur le sentiment de frustration (C’est Raté, C’est Raté) ou la manière de planter les clous (Tu Tapes Trop Fort). En constant décalage, les instruments tissent une jungle musicale où les pipos et les clarinettes forment d’épais taillis (Simone) d’où jaillissent les percussions et les sifflets comme autant d’animaux sauvages (Appalderie). Au cri déchirant au fin fond de la brousse succède une complainte solitaire aux atours rock (Que Le Temps Est Long). Puis tout s’évanouit, erratique, le chant n’est plus que récitation copiée à la craie sur l’ardoise d’école avant de repartir de plus belle dans une comptine tumultueuse (Mon Père Avait Un P’tit Champ D’pommes). Le moment judicieux de demander au final Qu’est-ce Que Tu As ?. Face à une telle claque, on peut que répondre à l’instar du personnage : euh… je sais pas.

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Boy Playground

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BOY PLAYGROUND
(Relax Beat / 2003)

Apparue dans le sillage du retrogaming, la chip music désigne la composition avec des sons issus des consoles 8-bits. Le but : jouer sur l’aspect sale des sonorités et bruitages employés et développer une créativité à partir de cette contrainte. Ce que cette compilation de chez Relax Beat (label dédié au genre) s’engage à nous démontrer. Dès le premier titre, I Love Your Music, le ton est donné et vient mettre à jour toutes les saveurs de ces sons retrouvant une nouvelle jeunesse sur le dancefloor. Le reste du tracklisting explore les différentes approches, entre nostalgie et modernisme. On y retrouve la douceur intimiste d’un Daedelus (Fare) ou le groove d’un Mr Oizo (Mini-Klik). L’électro décadente (Master & Slave) y côtoie aussi bien la violence (Your Love Is My Leash, le drum’n’bass Access Failure) que l’apaisement (Cta Lullaby). Les sons copulent sauvagement jusqu’à l’épilepsie (Real Food) et dessinent des tourbillons fourmillant de motifs granuleux (Emulated), nous laissant quasiment au bord de l’épuisement. Arrive alors Roy Andrews en guise de conclusion avec sa ballade guillerette au banjo rehaussée de parasites lo-fi. Un disque varié et ludique qui vous fera prendre conscience du talent des compositeurs des premiers jeux vidéo, tout en vous convertissant à l’électro vintage.

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