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Archive pour la catégorie « 02. Cartoons sonores »

Mascarade

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DRAGIBUS
Mascarade

(Autobus / 2006)

Tradition charmante pour les uns, supplice auditif pour les autres, les chansons de Noël constituent un événement redouté par le mélomane devant faire face aux arrangements sirupeux maintes et maintes fois entendus. Heureusement, Dragibus est là et prouve une nouvelle fois sa capacité à renouveler les répertoires les plus profondément ancrés dans la culture populaire. Un chant désuet nous prépare au pire avant de s’évanouir pour laisser la place à une reprise rock du I Hate Christmas tiré de l’émission pour enfants Sesame Street. L’esprit de Noël est abordé dans toutes ses représentations, invoquant les standards Let It Snow ! et Frosty The Snowman en mignardises pop et emmenant les enfants méchants (Rossz Gyerekek) sur fond d’orgue menaçant. La rêverie mélancolique est assurée par Isten Csiga, le Dieu Escargot glissant sur un tapis de guitares cristallines, la chanson yiddish Rojinkes Mit Mandlen prend des allures brechtienne avec son accordéon et ses percussions cabossées tandis qu’Anne Sylvestre s’invite dans un écrin de cordes délicates pour Mélanie Dans La Neige. Le célèbre All I Want For Christmas… sublimé par l’interprétation loufoque de George Rock des City Slickers devient une ballade désabusée aux effets cheaps. Puis le disque s’emballe jusqu’à l’hystérie sur Eine Muh, Eine Mäh avant de conclure sur Sapin Vert, où le groupe s’essaye à la pop synthétique frenchie à base d’électro dépouillée et de paroles décalées. De quoi conclure en beauté ce disque iconoclaste, conçu comme un album à part entière parfaitement écoutable tout le reste de l’année. Comme quoi, tradition ne rime pas forcément avec casse-bonbon…

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Disque Compact, Pièces Détachées

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GANGPOL UND MIT
Disque Compact, Pièces Détachées

(Wwilko / 2004)

De leurs vrais prénoms Sylvain et Guillaume, ce duo bordelais évolue dans une sphère audiovisuelle empreinte de drôlerie et d’innocence enfantine. Un monde empli de gazouillis électro, de bribes de voix triturées et de jouets électroniques des années 80. De l’electronica, Gangpol Und Mit en retient l’aspect intimiste qu’il s’amuse à déployer dans une succession de pièces cristallines aussi mélancoliques que pêchues. Le bien-nommé Cowboy Kidult nous plonge à toute allure dans une virée chip music avant de se faire dorloter par Le Pollen. Puis les écrins cotonneux se voient traversés d’éclats grésillants (La Nostalgie, L’Oiseau) à faire négocier des virages à notre cerveau entre la tête et les jambes. Sans complexes, le disque nous emporte tour à tour dans une Chanson à la nostalgie délicieusement naïve, nous secoue dans une BO de cartoon spasmodique (La Sévère Conscience Politique)  ou nous traîne sur le dancefloor (Le Fessier), explorant les facettes d’un univers fragile, fait de rapiéçages et d’ingénuité. Entre la déconstruction du monde enfantin (Le Renard, La Comptine), l’irruption d’un Super Mario sous acide (Le Disque) et un exercice de rap sous détachement téléphonique (Le Sorbet Cassis), ce premier opus de Gangpol Und Mit est un délice ludique où la surprise est constante. Sitôt posés et relancés sans cesse par leurs vrilles rythmiques, les morceaux nous maintiennent dans cet état de jubilation avec une maîtrise diabolique. Pour petits et grands enfants…   

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HelpAphexTwin 4. 0

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V/VM
HelpAphexTwin 4. 0

(V/VM Test Records / 2003)

Depuis 1996, James Kirby alias V/VM s’amuse à terroriser la scène musicale en samplant tout et n’importe quoi dans des collages bruitistes tenant presque du détournement situationniste. Chacune de ses œuvres chargées de saturations et de sons stridents à faire exploser vos enceintes viennent constituer le pendant cauchemardesque de la pop, jouant sans cesse avec les nerfs de l’auditeur. Sur cet album, V/VM s’attaque à Aphex Twin dans le but « d’aider » financièrement ce dernier qui publia ses 26 Mixes For Cash la même année. La discographie de Richard D. James se transforme en un jeu de massacre jubilatoire où toutes les aspérités du son Aphex Twin se retrouvent grossies à la limite du supportable. Ainsi, son tube Windowlicker devient WinDuckyQuaCKer : distorsions lo-fi, répétitions spiralesques, vocaux décharnés, final harsh noise… l’introduction est radicale et le reste de l’album poursuit cette veine entre quelques interludes parodiant les standards sur l’argent (Money Money Money du groupe ABBA ou If I Were A Richman). Come To Daddy et Ventolin sont transformés en douche ininterrompue de hautes fréquences et de breakbeats fracassants ; Didgeridoo (devenu Did U Do Or Did U Don’t) passe sous un filtre orageux ne le rendant que plus inquiétant. Flim, l’un des morceaux les plus apaisants d’Aphex Twin, devient ironiquement un festival de rythmiques assommantes et de larsens dans le bien nommé Flim (Crap Animal Acoustic Recording). D’autres titres plus atmosphériques sont noyés dans un écho glacial comme si le disque avait été enregistré dans une cathédrale abandonnée (Polygon Trapezoids Windows et ses sonorités sautillantes, WartHOG Pancake et ses percussions métalliques et le cinématographique Lonely Bank Vault). Le mashup s’invite également entre avant-gardisme et putasserie sur Dirty QUOth et l’imposant A[ex QuitACIDmi/x) avant de conclure sur un mélange de rap et de pop dégoulinante. Une apocalypse auditive à réserver essentiellement aux fans de Richard D. James si l’on veut saisir tout le sel de cet album. Oreilles sensibles s’abstenir !

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