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Archive pour la catégorie « 02. Cartoons sonores »

Eat Your Own Ears

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WEVIE STONDER
Eat Your Own Ears

(Skam / 2000)

Pour leur premier coup d’essai, les Wevie Stonder nous convie dans leur atelier de soul music artisanale. Dans un souffle de vieux vinyles se mêlent bruits d’outils et motifs jazzy, formant un ensemble boiteux mais non moins dénué de groove (Questionable). C’est ainsi que sur 10 titres, le groupe déploie une science du minimalisme lo-tech dans le registre urbain (Pepsy et son piano-bar en boucle, The Duel en pendant déglingué de Lalo Schifrin) ou exotique (Volcanoes). Les bleeps, guitares saturées et autres bruitages crasseux jaillissent au détour des arrangements désuets, culminant dans la folie avec l’extra-terrestre Cafe Con Lecce. L’Europe de l’Est se voit également revisitée sur Gimpsy Chimp (entendu chez K. I. M.), ainsi que le folklore blues avec guitares et banjos chevrotants à la clé (Dutch Barge Dog, Blue Horse Caroche). Une discussion surréaliste (Future Dog Hairstyles) achève le tout pour nous préparer à la bizarrerie à venir sur les albums suivants du groupe. Comment refuser après avoir été pris si gentiment par la main ?

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Yellow Magic Orchestra

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YELLOW MAGIC ORCHESTRA
(Epic / 2004)

Sorti en 1978, ce premier opus de YMO fut reçu sous l’étiquette fort réductrice de « Kraftwerk japonais ». À la célébration de l’homme-machine et de son rapport à l’environnement industriel, le groupe mené par Ryuichi Sakamoto préfère les couleurs du synthé répercutées sur la musique exotica et le jeu vidéo. Si le ton paraît léger, la forme au contraire fait preuve d’une incroyable profondeur où la pop synthétique et le kitsch se marient à merveille et viennent servir leurs aspects ludiques et oniriques respectifs. Les bruitages de jeux électroniques sautillent jusqu’à la bousculade générale pour qu’apparaisse le célèbre Firecracker de Martin Denny dans toute sa drôlerie. Rythmiques vintages, synthés enfantins et envolées pianistiques rêveuses viennent dresser un pont entre le futuriste et le désuet dans une joyeuse humeur constante. Simoon lui succède avec son tapis de basses ronflantes et son vocodeur caressant tandis que Cosmic Surfin’ annonçait déjà notre période 16-bit. Passé un interlude chiptune arrive l’envoûtant Tong Poo dont les arrangements font se confondre ciel et mer. Les repères se brouillent, se raccrochent tant bien que mal aux bribes de paroles godardiennes dans La Femme Chinoise ou au déballage d’effets sonores dans le fourmillant Mad Pierrot. Les bruitages du début reviennent accompagnés de synthés bonhommes en guise de conclusion à ce fascinant voyage (Acrobat). Au final, un véritable chef-d’œuvre pop qui ne sombre à aucun moment dans l’indigeste et dont l’inventivité ne cessera de surprendre.

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Extra Musica EP

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DRAGIBUS
Extra Musica EP

(Autobus / 2000)

En guise de transition vers les formats pop amorcés sur Lollipop, Dragibus livre un EP de 15 minutes au doux parfum d’école primaire. Un enfant annonce la venue d’un Papa Crocodile… qui a la manie de s’infiltrer partout dans une chanson endiablée tous synthés dehors (A Crocodile In A Aquarium). Succèdent Il Ditto In Bocca transformé en marche de petit soldat puis une partie de marelle douce-amère sur Amarelinha. Croc-Monsieur s’ouvre sur un chaos de bidouillages électro avant d’enchaîner sur une reprise pêchue de Alma Sauce tiré du premier album. Puis le saurien revient le temps d’une histoire racontée par une petite fille pour s’endormir sur une berceuse japonaise au xylophone, Kanaria Song. Brut et caressant, Extra Musica s’aborde comme une bouffée d’oxygène au milieu d’atmosphères désespérément sérieuses.

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