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Archive pour la catégorie « 02. Cartoons sonores »

Groucho Running

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CANDIE HANK
Groucho Running

(Sonig / 2006)

Figure iconoclaste de la scène électro allemande, producteur des Puppetmastaz… Patric Catani n’est jamais à court d’humour et l’affirme haut et fort sur son projet Candie Hank. Le titre et la pochette de l’album en témoignent : le tout sera placé sous le signe du cirque. La troupe effectue un premier tour de piste sur la fanfare futuriste Invitation To Dance. Fort de cette intro musclée, le disque enchaîne sur de la booty bass radicale (We Are Go Die Tonite). Puis les artistes défilent : Charlie Chaplin semble semer Le Désastre derrière lui sur de l’électro analogique, l’inspecteur Gadget tente de passer incognito sur Schurkenlounge, tandis que le dancefloor bouge au rythme d’onomatopées et de hurlements sur Disko Der Aussätzigen. Le cirque bascule dans une atmosphère de polar avec Groucho Won’t Die, voire dans une forêt sinistre avec le gothique Sundown. Tout autour, la frénésie vient relancer le public en convoquant cartoon music (Booty Bank), drill’n’bass (Kids Stay United), garage rock (To Russia With Love, que l’on croirait composé par Messer Chups) et jazz hyper-compressé (l’explicite Psychodixie). La surexcitation ambiante offre son bouquet final avec Cortison Zwo (Endless Medley) dont la rythmique d’usine vient soutenir les multiples couleurs du synthé. Chaînon manquant entre le cirque, l’électro dure et les sons de jeux vidéo rétro, Groucho Running constitue un programme généreux, provocant et d’un humour communicatif. À quand la suite ?

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Otonamopée

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MAMI CHAN
Otonamopée

(Saravah / 1997)

Complice de Dragibus, la petite maîtresse des pianos-jouets partage avec le groupe kidulte ce goût des mélodies sucrées alliées à une énergie punk de tous les instants. Alors que la belle nous invite dans son univers rose bonbon avec une Petite Valse, voilà qu’on nous propulse aussitôt sur scène autour d’un jazz-rock aux accents zorniens (Dondoko). Puis la fanfare fait son entrée et déploie ses textures sonores sur tous les registres, qu’il s’agisse de Pachinko 67 et ses montées en puissance, d’Obahan et ses percussions en mille-feuilles ou du slow La Lune avec ses orchestrations délicieusement nostalgiques. On croise l’esprit de Nobuo Uematsu sur Oiseu et son étrange mélancolie, on croit entendre les Residents sur Choto Kowai avec ses échos mortuaires et ses synthés dissonants ainsi qu’Érik Satie sur la délicate ballade Hoshi. On se ballade dans une campagne toute en couleurs et collines rondes ; La Vache mugit au violoncelle tandis qu’à la ferme on se livre à une jam session autour d’un ukulélé (Donta, 805). Le Vélo descend en pente raide pour nous emmener dans sa farandole en crescendo. Et pour finir, on se pose et on rêve à travers les rayons du soleil dans les arbres (Sakana) avant de s’endormir sur une chanson au coin du feu avec Inu. Sous ses aspects légers, ce premier album nous prouve sa variété et surtout une dimension bien moins naïve qu’on pourrait le croire. En entremêlant des atmosphères que l’on penserait incompatibles, Mami Chan réalise un véritable bijou d’inventivité ludique.

Morceaux MP3 sur saravah.fr



Jibberish

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HARCO PRONT
Jibberish
(Music For Speakers / 2003)

Difficile de chroniquer l’album d’un parfait inconnu dont les 33 morceaux constituent autant de vignettes faisant valser toute classification. Originaire des Pays-Bas, Harco Pront oscille entre blues, expérimentations lo-fi et ritournelles électro cabossées. Bassiste de formation, le gars savoure les sonorités profondes et grésillantes qu’il s’amuse à distordre tout en prenant une voix rocailleuse. Imaginez-vous embarqués dans les années 20 (Happy Camper), écoutant une ballade sur une guitare plus ou moins bien réglée (Too Many Flowers, Dinner) avant de basculer dans le psychédélisme rugueux d’un Captain Beefheart (Lonesome Devil, Night, Better…). On saute d’une époque à l’autre, abordant le funk (Cool, Fake Ass Beatnik…) et l’électro tantôt apaisante (Inhale, Dawn), tantôt dérangeante (Beatless, Fever). Déroutant, insaisissable, Jibberish fait figure d’ovni précieux dans le circuit underground. Ça grince, ça couine, ça chuinte à tout-va, le voyage est cahoteux mais invite à la redécouverte permanente. Un chef-d’œuvre protéiforme !

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