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Archive pour la catégorie « 01. Original Soundtracks »

Tex Avery

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SCOTT BRADLEY
Music from the Tex Avery Original Soundtracks

(Milan Music / 1993)

Carl Stalling ayant eu les honneurs d’une édition en CD chez Warner, il était juste que son disciple Scott Bradley, responsable des musiques de cartoons de la Metro-Goldwyn-Mayer, ait lui aussi le droit d’une redécouverte de ses travaux. Face au déploiement musical hétérogène de Stalling, Bradley a toujours privilégié une approche plus harmonieuse et plastique du son, où citations et plages orchestrales se déroulent de manière limpide.
Malheureusement du point de vue discographique, l’élève n’a pas eu droit aux mêmes faveurs que le maître : d’une part, six morceaux constituant autant de bandes-son d’un cartoon (comprenez entre 5 et 7 minutes) pour un CD, c’est très peu. D’autre part, les films de Tex Avery sélectionnés (tous datés des années 50) ne sont pas les plus représentatifs du réalisateur (quid du Loup et de la chanteuse sur la pochette !). On peut s’étonner de voir Three Little Pups
bizarrement réduit de moitié et de trouver à la suite deux Droopy dont le point commun est le western, ce qui en dépit de leurs qualités démontre un cruel manque de variété dans l’ensemble. Que les pistes avec bruitages et dialogues aient été conservées (Little Johnny Jet) ou non, le disque nous révèle l’avant-gardisme dont fait preuve le compositeur. Entre les cordes tantôt mélodieuses tantôt insidieuses, les cuivres fats et les déferlements de caisse claire, l’ancien élève d’Arnold Schoenberg tisse des paysages sonores aussi truculents que fuyants, se dérobant sans cesse sous la folie primitive de Tex Avery (Cellbound, TV Of Tomorrow). Malheureusement, il demeure le sentiment que ce disque ne présente pas le travail de Bradley à sa juste valeur. Les amateurs pouvaient espérer mieux…

http://www.dailymotion.com/video/x4i7ifa



Lucky Luke Au Cinéma

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CLAUDE BOLLING
Lucky Luke Au Cinéma

(Play-Time / 1996)

Les incursions de Claude Bolling dans le domaine du dessin animé se limitent à l’univers de Lucky Luke, mais ce disque (réunissant Daisy Town et La Ballade Des Dalton) vient nous rappeler combien celle-ci est de taille. Sous une écriture rigoureuse et une dimension orchestrale à couper le souffle, le compositeur nous offre un pastiche généreux et truculent de la bande-son de western. Dès l’attaque, la ballade I’m A Poor Lonesome Cowboy nous saisit de sa mélancolie et de ses chœurs émouvants. Le bluegrass drolatique de Lucky Luke Special nous fait basculer de plain-pied dans l’univers de Morris et Goscinny. On retrouve la fameuse chanson-leitmotiv Voilà Le Quadrille ! avec toutefois Philippe Clay à la place habituelle de Gérard Rinaldi pour un résultat qui manque de panache. Claude Bolling n’oublie pas son milieu de prédilection, le jazz, et nous offre avec le Dalton Theme un pur concentré d’humour aux guitares bien groovy sur fond de bruit de fouets. Le compositeur procède de même sur Far-West Choo-Choo où, sur une ligne mélodique métronomique, cuivres et orgue deviennent le sifflet du train. L’ombre d’Ennio Morricone plane sur Le Duel, sublime morceau aux orchestrations baroques et au piano bastringue frissonnant.
Avec La Ballade Des Dalton
, la galerie de personnages variés devient l’occasion de varier les couleurs et d’offrir un panel d’émotions entre frénésie (Galot Dalton, Le Train Fou), souci (la ballade gracile de Augustus Betting), béatitude (Ran Tan Plan et ses cuivres si caractéristiques !) et effroi (Tom O’Connor). Le sommet arrive avec la séquence mythique de Dalton’s Musical, concentré de 5min20 des comédies musicales de la grande époque où sont cités Gene Kelly et Frank Sinatra. S’ajoute à cela l’autre grand moment du film, la descente en wagonnet sur fond d’air forain entêtant jusqu’à l’emballement (Scenic Railways). Mais la rengaine de Lucky Luke vient ponctuer le voyage, s’habille d’atours instrumentaux nous rappelant la nostalgie, la fin d’un mythe. Et c’est avec le sourire aux lèvres et les larmes aux yeux que l’on sort de ce disque.

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Cartoon Songs From Merrie Melodies & Looney Tunes

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“THAT’S ALL FOLKS !”
Cartoon Songs From Merrie Melodies & Looney Tunes
(Rhino / 2001)

L’avantage des grands studios en matière de composition pour les cartoons était de disposer d’un impressionnant catalogue musical dans lequel chacun pouvait piocher à tout va. Chansons populaires, jazz swing, classique… autant de motifs musicaux devenus indissociables de certaines images que d’un véritable portrait des années 40, période de l’Âge d’Or du cartoon américain. Cette double compilation arrive à point nommé pour nous rappeler toute l’énergie du genre en livrant des bandes-son de cartoon (bruitages et dialogues compris) entièrement axées sur la musique. Le tout alterné de medleys thématiques où l’on passe d’un morceau à l’autre non-stop comme on passe d’une station de radio à une autre.
Le premier CD s’ouvre sur Book Revue
, chef-d’œuvre de Robert Clampett dans lequel Daffy Duck nous offre une prestation d’anthologie. Mel Blanc démontre l’étendue de son talent avec Bugs Bunny’s Greatest Hits, résumé de 11 minutes des chansons du célèbre lapin. Elmer tente de faire taire Sylvestre poussant la chansonnette dans l’hilarant Back Alley Oproar. Swingin’ Singers nous plonge dans le jazz de Harlem avant de déboucher sur une joute de crooners entre Frank Sinatra et Bing Crosby autour de poules en pâmoison. La sélection se clôt sur Katnip Kollege pour une leçon d’histoire tout en swing.
Sur le second disque, l’inévitable What’s Opera, Doc ?
est de la partie. L’hystérie est complète sur Daffy and Porky : The Oddest Couple où Mel Blanc pousse son phrasé dans ses derniers retranchements. Looney ‘Toon Interludes et Musical Moments offrent un pur condensé de l’atmosphère des innombrables dessins animés de la Warner où les extraits s’enchaînent à une cadence infernale. Three Little Bops conclut ce voyage avec une version jazzy des Trois Petits Cochons.
Certes, cette compilation ne peut prétendre à l’exhaustivité et les absences se font cruellement sentir telle celle de Coal Black And The Sebben Dwarfs
, l’autre grand film de Clampett dont la bande-son survoltée aurait pleinement trouvé sa place ici. Mais le programme est suffisamment riche pour que l’on s’y attarde plus d’une fois, d’autant plus qu’il s’agit d’un bel objet au packaging cartonné, doublé d’un livret de 100 pages autour des caractéristiques de la musique de cartoon. Une référence du genre !

http://www.dailymotion.com/video/x1yl3sq

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