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Archive pour février 2011

Duck Stab

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THE RESIDENTS
Duck Stab
(Ralph Records / 1978)

Sur ce cinquième album, les Residents semblent radicaliser un peu plus leur propos dans leur approche des sonorités crasseuses et des paroles dominées par la folie. Assez ironique lorsque l’on sait que Duck Stab est souvent présenté comme l’un des disques les plus accessibles du groupe tant celui-ci ne s’était jamais autant aventuré du côté du format pop. Ce qui ne fait que renforcer la dimension grinçante de leur univers, en commençant par une reprise très personnelle des Four Lads sur Constantinople. De rock, il n’en reste plus que quelques traces dans les riffs de guitares (The Booker Tease, seul instrumental et morceau à peu près normal de l’ensemble). Le reste n’est que souffre et sourires carnassiers ; un nuage de sonorités métalliques vient fondre sur nous (Sinister Exaggerator), des clowns nous offrent un spectacle d’humour absurde confinant au malsain (Laughing Song) et le King se fait passer au rouleau compresseur (Elvis And His Boss). Même les chansons d’amour se parent d’atours sombres et pesants jusqu’à supprimer toute forme de séduction. Les synthés ondulent et grondent à foison, les guitares viennent injecter leurs sonorités stridentes (Blue Rosebuds, Weight Lifting Lulu), le piano sort ses notes dans un souffle rauque (Semolina). Les monstres défilent un à un, laissant finalement la place à The Electrocutioner, somme oppressante de notes saturées explosant en une myriade d’étincelles indus pour s’achever en douceur sur une mélodie brechtienne. Objet de sales gosses, bande-son pour freaks, Duck Stab constitue une sublime perversion musicale à ne pas mettre entre toutes les oreilles. 

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