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Archive pour janvier 2011

Yellow Magic Orchestra

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YELLOW MAGIC ORCHESTRA
(Epic / 2004)

Sorti en 1978, ce premier opus de YMO fut reçu sous l’étiquette fort réductrice de « Kraftwerk japonais ». À la célébration de l’homme-machine et de son rapport à l’environnement industriel, le groupe mené par Ryuichi Sakamoto préfère les couleurs du synthé répercutées sur la musique exotica et le jeu vidéo. Si le ton paraît léger, la forme au contraire fait preuve d’une incroyable profondeur où la pop synthétique et le kitsch se marient à merveille et viennent servir leurs aspects ludiques et oniriques respectifs. Les bruitages de jeux électroniques sautillent jusqu’à la bousculade générale pour qu’apparaisse le célèbre Firecracker de Martin Denny dans toute sa drôlerie. Rythmiques vintages, synthés enfantins et envolées pianistiques rêveuses viennent dresser un pont entre le futuriste et le désuet dans une joyeuse humeur constante. Simoon lui succède avec son tapis de basses ronflantes et son vocodeur caressant tandis que Cosmic Surfin’ annonçait déjà notre période 16-bit. Passé un interlude chiptune arrive l’envoûtant Tong Poo dont les arrangements font se confondre ciel et mer. Les repères se brouillent, se raccrochent tant bien que mal aux bribes de paroles godardiennes dans La Femme Chinoise ou au déballage d’effets sonores dans le fourmillant Mad Pierrot. Les bruitages du début reviennent accompagnés de synthés bonhommes en guise de conclusion à ce fascinant voyage (Acrobat). Au final, un véritable chef-d’œuvre pop qui ne sombre à aucun moment dans l’indigeste et dont l’inventivité ne cessera de surprendre.

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Fingerprince

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THE RESIDENTS
Fingerprince
(Ralph Records / 1977)

Pour leur quatrième opus studio, les Residents tentèrent de créer le premier vinyle à trois faces, projet parfaitement à leur image mais vite abandonné pour des raisons techniques. Pourtant, la séparation de l’album en trois parties distinctes aurait joué en sa faveur tant la version intégrale en CD (éditée chez Torso) laisse poindre un certain manque d’unité. Mais peut-être est-ce à l’origine de son charme car de tous les albums des années 70, Fingerprince est de loin celui qui s’apprivoise le moins.
Éloigné du faste tempétueux des précédents essais, le disque dresse un univers tout en murmures et en chuintements, blanc comme les murs d’un hôpital psychiatrique. Le thème du Troisième Homme
se voit perverti en proférations sectaires sur l’ouverture You Yesyesyes. Un piano-bar éructe sur Home Age Conversation, tentant de suivre laborieusement un chant qui n’est plus qu’un écho lointain. Le même schéma se répète sur le satirique Godsong traversé de cuivres hurlants ainsi que sur le bouillon Bossy aux percussions sourdes. Le cérémonial s’invite (March De La Winni, Boo Who ?), le jazz se dessine pour mieux dégouliner en rythmes boiteux (Tourniquet Of Roses, Death In Barstow) avant que les sonorités ne se décident enfin à tressauter sur Flight Of The Bumble Roach, relecture dada du standard de Rimsky-Korsakov. Passé le mini-opéra Walter Westinghouse tout en percussions primitives et claviers cheap, l’album arrive à sa pièce-maîtresse : Six Things To A Cycle, bande-son de 17 minutes d’un ballet. Relatant l’action de l’homme sur son environnement jusqu’à la déchéance, la pièce présente des chants d’oiseaux et des percussions boisées progressivement envahis par les sonorités artificielles et brumeuses. Le synthé se fait tour à tour joyeux et sautillant, puis lancinant et grisâtre ; un chœur féminin et des cuivres plaintifs appellent à la rédemption, sans réponse… sublime, tout simplement.
Voyage intérieur au cœur de la folie, Fingerprince
se situe en retrait pour mieux nous attirer dans son giron, sourd et insidieux comme tout ce que nous ressentons mais ne pouvons/voulons pas voir.

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