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Archive pour novembre 2010

Cartoon Concerto

Cartoon Concerto dans 01. Original Soundtracks folder

BRUCE BROUGHTON
Cartoon Concerto
(Percepto Records / 2002)
 

Entre ses BO de films et ses travaux musicaux pour Disneyland, Bruce Broughton a repris brièvement le flambeau des grands noms de la cartoon music durant les années 80-90. Ce CD promotionnel (aujourd’hui très rare) vient apporter un éclairage sur ces pièces plus ou moins confidentielles qui remettent au goût du jour les fameux motifs jazzy, classiques et populaires sur fond de collages atonaux. An American Prologue, bande-son d’un Off His Rockers voué à l’oubli, retranscrit à merveille cette atmosphère enfantine en proie au doute, à la tristesse et à la joie. Excellente entrée en matière pour poursuivre dans une veine plus échevelée. Ainsi, les musiques des courts de Roger Rabbit (Carnival Presto pour Lapin Looping et Outdoor Interlude pour Panique Au Pique-Nique) peuvent enfin respirer et laisser éclater leur folie avec leurs tourbillons de cordes et de cuivres culminant dans un final country frénétique. Entre-temps, les Tiny Toons auront baguenaudé dans 2 pièces denses de 18 minutes, parmi les standards déconstruits et les changements de rythme imprévisibles, avant de saluer le public avec leur générique de fin rituel (Teeny Tiny Coda). Au final, une plongée riche et actuelle du genre qui, si elle n’évite pas un certain lissage dans la production, ravira les amateurs.

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HelpAphexTwin 4. 0

HelpAphexTwin 4. 0 dans 02. Cartoons sonores helpaphextwin4

V/VM
HelpAphexTwin 4. 0

(V/VM Test Records / 2003)

Depuis 1996, James Kirby alias V/VM s’amuse à terroriser la scène musicale en samplant tout et n’importe quoi dans des collages bruitistes tenant presque du détournement situationniste. Chacune de ses œuvres chargées de saturations et de sons stridents à faire exploser vos enceintes viennent constituer le pendant cauchemardesque de la pop, jouant sans cesse avec les nerfs de l’auditeur. Sur cet album, V/VM s’attaque à Aphex Twin dans le but « d’aider » financièrement ce dernier qui publia ses 26 Mixes For Cash la même année. La discographie de Richard D. James se transforme en un jeu de massacre jubilatoire où toutes les aspérités du son Aphex Twin se retrouvent grossies à la limite du supportable. Ainsi, son tube Windowlicker devient WinDuckyQuaCKer : distorsions lo-fi, répétitions spiralesques, vocaux décharnés, final harsh noise… l’introduction est radicale et le reste de l’album poursuit cette veine entre quelques interludes parodiant les standards sur l’argent (Money Money Money du groupe ABBA ou If I Were A Richman). Come To Daddy et Ventolin sont transformés en douche ininterrompue de hautes fréquences et de breakbeats fracassants ; Didgeridoo (devenu Did U Do Or Did U Don’t) passe sous un filtre orageux ne le rendant que plus inquiétant. Flim, l’un des morceaux les plus apaisants d’Aphex Twin, devient ironiquement un festival de rythmiques assommantes et de larsens dans le bien nommé Flim (Crap Animal Acoustic Recording). D’autres titres plus atmosphériques sont noyés dans un écho glacial comme si le disque avait été enregistré dans une cathédrale abandonnée (Polygon Trapezoids Windows et ses sonorités sautillantes, WartHOG Pancake et ses percussions métalliques et le cinématographique Lonely Bank Vault). Le mashup s’invite également entre avant-gardisme et putasserie sur Dirty QUOth et l’imposant A[ex QuitACIDmi/x) avant de conclure sur un mélange de rap et de pop dégoulinante. Une apocalypse auditive à réserver essentiellement aux fans de Richard D. James si l’on veut saisir tout le sel de cet album. Oreilles sensibles s’abstenir !

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Album À Colorier

Album À Colorier dans 02. Cartoons sonores marcoeur

ALBERT MARCŒUR
Album À Colorier

(Label Frères / 2002)

Pour son deuxième album, Marcœur concentre son propos dans des titres plus courts sans abandonner ses chemins de traverse. Tous cuivres et guitares électriques déballés, l’environnement se fait plus urbain et propice à toutes sortes de rencontres, à commencer par Monsieur Lépousse et sa fleur dans la bouche. Ou Le Père Grimoine, dont la santé déclinante est observée par… le lierre de sa façade (sic) dans une poignante ballade au piano. Ou encore ce type sans nom qui travaillait dans la saleté (La-D’dans) dont l’histoire nous est conté par un Marcœur vociférant à la Captain Beefheart. Plus nébuleux encore, la fille inaccessible rencontrée lors du bal, nous faisant tourner la tête sur Elle Était Belle. Les prémisses d’Aksak Maboul se font sentir parmi la domination des instruments sur Doctorine et la courte session live Fermez La Porte. Comme à son habitude, l’artiste fabrique ses vignettes sur la banalité du monde qui, entre ses mains, se retrouve chargée d’une poésie et d’une drôlerie sans pareil. Entre Le Jus d’Abricot et La Cueillette Des Noix, le regard enfantin de Marcœur embrasse la réalité, du besoin de s’isoler dans Le Fugitif jusqu’à celui de se construire dans Ouvre-Toi, dont les paroles rapiécées et maladroites achève de donner à cet Album À Colorier une dimension bien moins naïve qu’elle ne le laisse supposer.

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