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Archive pour septembre 2010

Strictly For Music Lovers

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SPIKE JONES & HIS CITY SLICKERS
Strictly For Music Lovers
(Proper Records / 2005)

Du haut de ses 4 CDs et de ses 95 titres, ce coffret demeure à ce jour l’anthologie la plus conséquente de l’œuvre de Spike Jones. Classé en ordre chronologique, le tracklisting rend compte de l’évolution du style de l’artiste qui aura investi le milieu des crooners pour y insuffler une dose de folie qui ne cessera de s’accentuer.
Le premier CD (1941-1942) reste encore sage avec ses plages jazzy empreintes d’humour bon enfant. Les cloches à vache font déjà leur apparition, les cuivres ronronnent avec bonhomie, soutenus par des banjos guillerets. Arrive alors Clink Clink Another Drink
, premier tube de Spike Jones consacré aux effets de l’alcoolisme, préfigurant la suite de son orientation : celle de vignettes musicales aux évocations triviales à base de bruitages, d’effets vocaux et de modulations humoristiques de ses instruments. Mais l’homme est également capable de ballades romantiques (Three Little Words, Moanin’ Low), de jazz léger (John Scotter Trot, Love For Sale) et de chansons de dessins animés (Der Fuehrer’s Face, tiré du cartoon éponyme de Donald Duck). Les fameux tirs au pistolet débarquent dans Hotcha Cornia, variation drolatique de la musique russe, et annoncent la frénésie future. L’étrange ballade amoureuse Water Lou se charge d’achever ce premier tour d’horizon sur une note de poésie.

(suite…)



Schtroumpf Party

Schtroumpf Party dans 03. L'Art de la Récup' 32591191540203259119173120 dans 03. L'Art de la Récup'

LA SCHTROUMPF PARTY
Volume 1
Volume 2
Volume 3

(France Télévision Distribution / 1995 – 1997)

Source de marchandising monstrueuse, les Schtroumpfs pouvait difficilement échapper à une déclinaison en CDs. Avec l’orchestration médiatique de France Télévision, voilà nos chers lutins bleus propulsés dans l’univers de la dance music dans une série de compils qui furent à l’époque la bande-son de bon nombre de boums. La recette ? Reprendre les tubes d’hier et d’aujourd’hui à la sauce technoïde pour un résultat tout en finesse : rythmiques tapageuses, vocaux à l’hélium sensés incarner les Schtroumpfs, nappes de synthés dégoulinantes…
Le résultat oscille constamment entre l’horreur et l’humour tant l’inanité et le traitement consacré aux créatures de Peyo a de quoi laisser pantois. Le célèbre No, No, No (No Limit) témoigne de cette volonté à aller au plus fonctionnel (faire danser) sous sa forme la plus racoleuse. Si le remix de Oh Suzanna en version reggae (L’Anniversaire Du Baby Schtroumpf) peut faire sourire, on reste toutefois dubitatif quant à l’appel à « croquer la Schtroumpfette et ses schtroumpfs mignons » lancé juste avant une chanson intitulée SOS Amour – Pour Les Enfants Du Monde… ambiance…
Le Volume 2 se concentre purement sur le dancefloor, enchaînant les scies bubble-gum (Moi J’aime Danser, C’est Le Rythme De La Vie), rap (Le Funky) et happy hardcore (l’hystérique Danse De Joie) avant de s’achever sur Petit Papa Noël en version dance et slow. Entre-temps, on aura retenu J’aime Danser – House Music comme étant le titre le plus supportable du lot.
Le volume 3 joue la carte de l’exotisme avec calypso (Paradis D’amour), raï (Aïcha de Khaled transformé en Ah Le Chat !) et autres titres aussi explicites que La Rumba Des Héros ou Chante Le Blues. Par cette relative diversité, les auteurs de la chose allègent leurs effets et se montrent même capables de moments jubilatoires (C’est Carnaval sur le thème de Brazil).
C’est évidemment dérisoire au vu de la médiocrité de l’ensemble qui constitue à ce jour la plus grande perversion de l’univers des Schtroumpfs.

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Music To Moog By

Music To Moog By dans 02. Cartoons sonores Gershon_Kingsley_-_Music_to_Moog_by_-_sm

GERSHON KINGSLEY
Music To Moog By

(Dagored / 2003)
 

Compagnon de route de Jean-Jacques Perrey, Gershon Kingsley fait partie des artistes qui ont propulsé la musique électronique dans la sphère populaire avec son mémorable Popcorn présent dans cet album dans sa version originale. Toute la force de ce Music To Moog By sorti en 1969 repose sur cette dimension avant-gardiste sans jamais sacrifier l’humour et l’accessibilité. Hey Hey offre un démarrage en trombe où les nappes de synthé moog s’amusent à nous brinquebaler (les fans de Rjd2 savent désormais d’où vient le charme de son single The Horror). Les gazouillis synthétiques s’insinuent dans la reprise du doux Scarborough Fair de Simon & Garfunkel avant de booster aux hormones pop la Lettre à Elise de Beethoven dans un exercice de style truculent. Sheila nous propose une ballade cosmique et rêveuse aux arrangements psychédéliques. Après Popcorn, Kingsley se rapproche de Perrey avec le régressif Twinkle Twinkle, basé sur une comptine basculant peu à peu dans le baroque. Nowhere Man et Paperback Writer des Beatles se voient vêtus de nouveaux atours sans que l’esprit des Fab Four n’en soit trahi. Album à la fois direct et ambitieux, Music To Moog By vient confirmer le charme des sonorités vintage dans une invitation à la plénitude.

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