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Archive pour juillet 2010

This Time With Strings

 

This Time With Strings dans 05. Raymond Scott TTWS+CD

RAYMOND SCOTT AND HIS ORCHESTRA
This Time With Strings

(Basta / 2008)

Toujours à l’affût de nouvelles interprétations de ses titres, Raymond Scott s’adjoint un orchestre à cordes pour cet album de 1957. Le résultat ? Tout simplement l’un des plus beaux fleurons de la discographie du compositeur. Rarement la musique de Scott n’aura atteint une telle dimension, où l’émotion se déploie dans un mur de cordes massives et poignantes. Ainsi, loin du simple exercice de la reprise, Raymond Scott opère une véritable relecture de son répertoire et révèle leur charge émotive avec une puissance inattendue. Powerhouse ouvre le feu avec une interprétation dantesque qui n’entame en rien sa drôlerie. Dans cet écrin classique, la mélodie de Pretty Little Petticoat gagne en innocence et celle de The Toy Trumpet en élégance, tous deux transportant l’auditeur dans une douce rêverie.
Mais le choc émotionnel arrive avec Mountain High, Valley Low
où l’amusante vignette asiatique des débuts se retrouve transcendée dans une profonde mélancolie. Paradoxalement, In An 18th Century Drawing Room pourtant calqué originellement sur du classique s’en sort moins bien et sombre dans une certaine préciosité. Mais le disque se rattrape aussitôt avec une parfaite version de Twilight In Turkey à vous faire sourire jusqu’aux oreilles (jamais son célèbre refrain n’aura été aussi malicieux). Succédant clarté des interprétations (Huckleberry Duck) et exploitation plastique du son (Boy Scout In Switzerland), This Time With Strings s’achève sur A Cafe In Sorrento dont la mélodie irrésistible évite les écueils de Rock’n Roll Symphony (de même que les explicites Nightfall–Venice et Serenade qui émaillaient les standards). Un véritable chef-d’œuvre faisant voir le reste de la discographie de Raymond Scott d’un œil nouveau !

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Bon Ça C’est Fait!

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MISTER COSMIC VS FAT DOG
Bon Ça C’est Fait!

(Bis Music / 2006)

L’un est un cosmonaute de Prisunic, l’autre un bulldog à chaîne en or prêt à en découdre avec la scène gangsta-rap. Tous deux vont se livrer à une joute musicale pour asseoir leur réputation dans l’univers de la dance music : la techno pour le premier, le rap pour le second.
C’est bien connu, pour appâter le chaland, le marketing ose tout et vient ici titiller la fibre franchouillarde avec ces sommets de la culture que sont La Soupe Aux Choux et Le Gendarme De St Tropez. Ainsi s’alternent nappes de synthés spatiales et beats lourds, les deux zouaves livrant chacun leur propre interprétation du matériau de base. Sur La Soupe Aux Choux et La Bonne Du Curé, Mister Cosmic nous gratifient d’une sous-techno de stade des plus kitsch là où Fat Dog reprend tous les clichés du rap à puissance 10 à base de « shake your ass baby« . Le reste du disque reprend ce même schéma étalé sur 24 titres (!) durant lequel on a droit à la bâtardisation du Grand Blond (Ring A Digidoo), à un sommet de vulgarité avec le générique d’Intervilles boosté aux hormones eurodance (Mister Cosmic In Town) ainsi qu’à une comptine dégénérée (Si On Plantait Des Choux). Entre-temps, on se sera enfilé une flopée de titres dénués de samples tous aussi interchangeables les uns que les autres jusqu’à ce qu’arrive LE miracle : un morceau écoutable ! En l’occurrence, See U Later qui réussit l’exploit d’être sobre et efficace.
Au-delà ce cet unique coup d’éclat, Bon Ça C’est Fait!
se pose comme la bande-son moderne de la fête à la saucisse. A-t-on vraiment mérité cela?

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Electrokids

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ELECTROKIDS
(Naïve / 2003)

Le DJ et producteur Frank Nigel a conçu ce disque dans le but d’initier les petiots à la musique électro tout en séduisant les parents. À partir d’un catalogue de sons tirés des disques du label Naïve, 14 artistes se sont prêtés au jeu. Sonorités douces, mélodies colorées, samples de voix d’enfants… rien qui ne choquera nos chères têtes blondes (à l’exception peut-être de ce bref cri de femme au détour de l’étrange berceuse Guili).
Funkaroma ouvre le bal avec What A Good Boy, deep house à l’harmonica charmeur et aux beats jazzy. Demon Ritchie en revanche sombre dans la facilité sur Natural Flow avec ses boucles de gazouillis de bébé rehaussant tant bien que mal une mélodie Game Boy. Lui succède Babies Walk, jolie initiation à la lounge music minimale et au breakbeat léger. L’ombre de Roudoudou plane sur ce titre ainsi que sur le suivant, Mini-Mixette-Mix avec ses sonorités dub sur fond de percussions africaines. Le Tone vient ajouter de la mélancolie avec la ballade vaporeuse Why, avant de laisser la place au sommet du disque : Youri, conte musical de 7 minutes dans lequel un petit garçon tombé du ciel découvre un monde nouveau. Véritable farandole de sons et de couleurs, ce morceau présente l’aboutissement du concept et la dimension évocatrice du son avec un sens de la maîtrise impeccable. La comptine trafiquée est également de la partie avec Julie – Brouette et sa voix de fillette sous hélium. Les sonorités exotiques s’invitent sur Ptit Dou, envoûtant morceau world que l’on croirait tiré de la BO de Spyro le Dragon. Frank Nigel intervient comme compositeur le temps d’un titre house sympathique (No Fear Walking) mais trop sobre pour être convaincant. Le dancefloor avance à grands pas dans les derniers titres avec le thème entêtant de Boogie Babies, les arrangements flamboyants de Regolo et le groove de Aminata’eh, authentique house qui devrait réunir parents et enfants. La compilation s’achève sur River Children, brillant collage de chants d’enfants répondant aux sonorités africaines et asiatiques… une atmosphère cosmopolite idéale pour ouvrir définitivement les enfants à de nouveaux univers et clore ce voyage doux et caressant.

Extraits MP3 sur fnac.com



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