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Archive pour juin 2010

The Rock’n'Roll Symphony

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RAYMOND SCOTT ORCHESTRA
The Rock’n Roll Symphony

(Acrobat Music / 2007)

Échec commercial à sa sortie en 1958, The Rock’n Roll Symphony aura connu deux changements de labels et trois visuels et titres différents avant de se voir réédité par Acrobat Music en version mono et stéréo. Cette fois-ci, nous ne retrouvons plus Raymond Scott en tant que compositeur mais comme chef d’orchestre.
L’intitulé du projet est on ne peut plus explicite : mêler formation classique et rythmique rock. Si l’idée à l’heure actuelle peut faire sourire, elle n’en était pas moins osée pour l’époque… et dans l’esprit de Scott.
Car du point de vue musical, on a surtout droit à du easy-listening des plus classiques, avec tapis de cordes langoureux, flûtes caressantes et saxophones parfois sensuels jusqu’à la caricature. Dès l’ouverture de l’album avec How High The Moon
, on bascule dans un univers de douceur et de romance. Summertime de Gershwin prend le relais avec une coloration presque pop. Malheureusement à partir de Orchids In The Moonlight, les choses se gâtent et l’on s’interroge sur la dimension artistique de la chose où la rythmique rock s’avère au mieux inutile, au pire totalement parasitaire comme sur What Is That Thing Called Love. Le reste du disque est à l’avenant, avec cette dimension cotonneuse et lisse rendant l’écoute certes agréable mais dénuée de toute implication émotionnelle. Il faut hélas attendre la dernière partie du disque avec La Cumparsita pour se réveiller, où les éléments parviennent enfin à se fondre. Mais on déchante de plus belle avec une interprétation pompeuse de Somewhere Over The Rainbow. Au final, on se retrouve avec un album passe-partout sitôt écouté, sitôt oublié.

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Tex Avery

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SCOTT BRADLEY
Music from the Tex Avery Original Soundtracks

(Milan Music / 1993)

Carl Stalling ayant eu les honneurs d’une édition en CD chez Warner, il était juste que son disciple Scott Bradley, responsable des musiques de cartoons de la Metro-Goldwyn-Mayer, ait lui aussi le droit d’une redécouverte de ses travaux. Face au déploiement musical hétérogène de Stalling, Bradley a toujours privilégié une approche plus harmonieuse et plastique du son, où citations et plages orchestrales se déroulent de manière limpide.
Malheureusement du point de vue discographique, l’élève n’a pas eu droit aux mêmes faveurs que le maître : d’une part, six morceaux constituant autant de bandes-son d’un cartoon (comprenez entre 5 et 7 minutes) pour un CD, c’est très peu. D’autre part, les films de Tex Avery sélectionnés (tous datés des années 50) ne sont pas les plus représentatifs du réalisateur (quid du Loup et de la chanteuse sur la pochette !). On peut s’étonner de voir Three Little Pups
bizarrement réduit de moitié et de trouver à la suite deux Droopy dont le point commun est le western, ce qui en dépit de leurs qualités démontre un cruel manque de variété dans l’ensemble. Que les pistes avec bruitages et dialogues aient été conservées (Little Johnny Jet) ou non, le disque nous révèle l’avant-gardisme dont fait preuve le compositeur. Entre les cordes tantôt mélodieuses tantôt insidieuses, les cuivres fats et les déferlements de caisse claire, l’ancien élève d’Arnold Schoenberg tisse des paysages sonores aussi truculents que fuyants, se dérobant sans cesse sous la folie primitive de Tex Avery (Cellbound, TV Of Tomorrow). Malheureusement, il demeure le sentiment que ce disque ne présente pas le travail de Bradley à sa juste valeur. Les amateurs pouvaient espérer mieux…

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Original Soundcrack

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ROUDOUDOU
Original Soundcrack

(Number 9 Records / 2006)

Après une parenthèse dub, Roudoudou revient avec ce véritable troisième album studio signé sur l’éphémère label Number 9. Avec un Tiki Walk en guise de prolongement du précédent Just A Place In The Sun, ce Original Soundcrack bascule dans l’hommage décomplexé de l’easy-listening avec arrangements pop et mélodies colorées à l’appui. Ainsi en un titre, Space Express parvient à mêler sans complexe chant hindou, modulations électroniques et ambiance polar digne de Lalo Schiffrin. Les tapis de cordes et de voix féminines se déploient pour des mélodies tour à tour bucoliques (Misty Lagoon) ou nostalgiques (The Lost Waltz). Le xylophone et l’accordéon viennent se joindre à l’ensemble le temps d’une ballade souriante (Sunny Sunday). L’artiste s’essaie à la soul avec l’énigmatique Buy Or Die! tout droit sorti d’une BO de blaxploitation. Tout en poursuivant sa quête de charme vintage (Surprise! Surprise! et sa collection de samples), le disque bascule dans ses derniers titres vers un rock nerveux, parcouru de nappes lancinantes. Malgré l’étendue des registres, Roudoudou gomme les scories électro comme les effets de style de ses opus précédents pour nous offrir un album d’une haute teneur cinématographique, et son œuvre la plus maîtrisée.

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