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Archive pour mai 2010

Just A Place In The Sun

Just A Place In The Sun dans 02. Cartoons sonores 694

ROUDOUDOU
Just A Place In The Sun

(Delabel / 2001)

Changement de cap pour Roudoudou sur ce deuxième album. Laurent Étienne a ici mis un frein (relatif il est vrai) sur les collages sonores et s’est entouré de musiciens pour laisser parler le fan de musique exotica qui est en lui. Après une intro endiablée mêlant DJ Food et John Barry (Walking On The Moog), le titre éponyme vient nous renseigner sur les intentions de l’artiste : ce sera la plage, les vahinés et ukulélés à foison…
Le risque d’excès de légèreté se fait dangereusement sentir tout le long de l’album et l’artiste esquive cet écueil par la candeur avec laquelle il s’amuse à mettre en scène les clichés exotiques. Zoom Zoom
offre une virée jazz-funk où s’exaltent contrebasse, orgue Hammond, trompette et guitares wha-wha jusqu’à l’overdose. Dubbies Theme rend hommage à la Space Pop avant de foncer dans la culture tiki avec les explicites Bahianese Mayonnaise et Funky Bikini. Les colliers de fleurs pleuvent avec Blue Bubbles et ses chants trafiqués. L’immortel Caravan de Duke Ellington connaît une énième reprise par la grâce de l’orgue Hammond. Le titre suivant, Operation Super Dragon, semble renouer avec l’atmosphère du premier album avec ses accents funk et ses samples de films asiatiques. S’ensuivent une rengaine rockabilly transformée en tube électro (Baby It’s All Right) et un dub abrasif (Dubbing From Uranus) qui viennent conclure un disque volontiers plus direct que le précédent, mais livrant du même coup ses secrets plus rapidement.

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Tout l’Univers, Listener’s Digest

Tout l'Univers, Listener's Digest dans 02. Cartoons sonores 693

ROUDOUDOU
Tout l’Univers, Listener’s Digest

(Delabel / 1998)

Salué comme la révélation du trip-hop français aux côtés de Kid Loco, Laurent Étienne alias Roudoudou s’est conçu son petit monde, entre expériences rock ludiques avec Oui Oui et collages sonores pour Radio Nova. Ce Tout l’Univers… se veut un concentré de ces influences, naviguant entre sonorités dub fumeuses et samples vintage. Sur des beats secs et boisés, l’artiste déploie tout un panel de sonorités rondes et caressantes nous invitant à plonger dans l’indolence. Le titre d’ouverture Boboli donne le ton : chambre d’écho hypnotique, percussions exotiques, notes de guitares égrenées ici et là, tous s’unissent à la manière d’un mille-feuilles sonore prêt à être dégusté. Dans un tel contexte, la présence d’une reprise de Trust In Me (la chanson du serpent Kaa) n’a rien d’incongru. De jeunes naïades nous interpellent sur le doucereux Déjeuner Sur l’Herbe, Effervescence nous convie dans une ballade jazz aux relents de Twin Peaks. Arrive alors la ritournelle à la guitare de Peace And Tranquility To Earth à la bonne humeur contagieuse. Le disque revient à une plus grande rigueur rythmique avec les efficaces Track Dub et World Of Illusion. La provocation vient faire son tour de piste avec une Chanson d’Amour Spécial faussement exotique. Les choses viennent néanmoins se gâter sur la fin avec Funky Monkey, essai uptempo peu convaincant, et surtout la conclusion Du Monde Au Balcon, insupportable rock de stade. Malgré ces petites fautes de goût, ce premier album offre un cocon rêveur et humoristique avec ses interludes réguliers. Le petit bonhomme Roudoudou est en marche…

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Mat Weasel Happy Tekcore

 

Mat Weasel Happy Tekcore dans 03. L'Art de la Récup' 3700187622510

WEASEL BUSTERS
Best Of

(Humungus Records / 2006)

Il y a d’abord la pochette, d’une laideur et d’une vulgarité sans nom. Il y a ensuite l’intitulé même du disque : happy tekcore, qui ne laisse présager rien de bon. Officiant dans la scène tribe depuis une douzaine d’années, Mat Weasel s’est conçu un genre bien à lui, fait de beats frénétiques, de mélodies crétines, de vocaux compressés et de samples gros comme une maison. Si la formule vous inquiète, vous renvoyant à vos peu glorieuses périodes de makina et de happy hardcore, sachez que Weasel propulse le résultat à des hauteurs insoupçonnées dont l’idiotie totale laisse l’auditeur complètement abasourdi. Le single Le Gendarme en témoigne, accumulant Charlie Chaplin dans Les Temps Modernes, Bourvil et le générique de Benny Hill le tout dans une tornade de beats hystériques. Les morceaux (tous du même acabit) s’enchaînent d’un bloc, déballant leurs contenus dans un flot quasi-vomitif entre fautes de goût, grosses ficelles (Porcherie de Bérurier Noir sur WB Show 01) et reprises grotesques (Rossini sur William Stupid Overture). On saisit alors le sens de la pochette. Avec ce trop-plein décomplexé (Ghostbusters, Pulp Fiction, Wagner, les génériques de Denver et des Entrechats), ce Best Of s’aventure tellement au-delà de la notion de crétinerie qu’il en devient fascinant. Les portes de la Quatrième Dimension sont ouvertes !

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