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Archive pour mars 2010

Bugs Bunny Et Ses Amis

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DELPHINE
Bugs Bunny Et Ses Amis

(Richard Joffo Production / 1993)

Co-présentatrice de l’émission Microkid’s aux côtés de Jean-Michel Blottière, Delphine a également tâté du micro et livré le temps d’un CD son amour pour les toons. Composé essentiellement avec des claviers, ce disque se situe au niveau d’un Jean-Luc Azoulay avec néanmoins l’envie d’associer chaque toon à un style musical et de jouer ainsi sur sa personnalité, tout en y associant des paroles promptes à récolter le suffrage des jeunes à base de “cool” et de “top” (début années 90 oblige). Nulle sonorité dance ici, juste quelques tentatives timides de genres musicaux sur un mode rétro (Bugs Bunny Boogie, Le Bebop À Bip-Bip, Le Chacha Du Chat, Rock Je Te Croque) où se déploie le timbre mutin et légèrement voilé de Delphine. Au-delà de ça, rien de bien palpitant ; les motifs sonnent creux et dérapent sur la variété dégoulinante (l’interminable Pépé Le Romantique et son saxophone, Bugs Bunny Je T’aime et ses affreux chœurs masculins) quand le disque ne propose pas de parodie qui tombe à plat (Titi For Two). Le morceau d’ouverture Hip-Hop Vil Coyote (qui n’a de hip-hop que le nom) parvient toutefois à se laisser écouter avec son ambiance urbaine minimaliste (nappes de synthé, quelques notes de guitare et une basse), de même que Hariba Haribo (consacré à Speedy Gonzales) séduit avec sa rythmique droite et efficace où les sons latinos se greffent sans accrocs. Ce seront hélas les seuls sympathiques éclats de ce pur produit des années 90.



Sacrebleu

Sacrebleu dans 02. Cartoons sonores Dimitri_From_Paris_-_Sacrebleu

DIMITRI FROM PARIS
Sacrebleu

(East West / 1998)

Disque-référence de la défunte French Touch, Sacrebleu a ouvert la brèche outre-Atlantique aussi bien en jouant sur les clichés du Français séducteur qu’en remettant au goût du jour le genre easy-listening. En lieu et place de la house filtrée qui allait déferler à l’étranger, le disque nous offre un catalogue de références où se mêlent le chic à la Blake Edwards, l’exotisme et l’ode à la futilité. Le single Sacré Français nous plonge directement dans cette ambiance décalée, entrecoupée d’intermèdes au son délicieusement vintage. Se succèdent reprises lounges (Nothing To Lose, Rêverie) et autres hommages au 7ème Art par le sample (Une Very Stylish Fille et le bonus track) ou le pastiche (le très blaxploitation Dirty Larry). La seconde moitié du disque tire un peu en longueur avec ses titres plus proches de la house (Love Love Mode, Back In The Daze) puis se rattrape avec une excursion vers l’Orient (Un World Mysteriouse) et le jazz nonchalant (Par Un Chemin Différent). Élégant, exubérant, Sacrebleu demeure un grand classique par sa variété et ses atours first class.

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Meanwhile…

Meanwhile... dans 02. Cartoons sonores 4599189

DAEDELUS
Meanwhile… EP
(Laboratory Instinct / 2003)

Conçu parallèlement avec “Of Snowdonia”, cet EP se fait l’annonciateur de l’album A Gent Agent par les directions prises que l’on retrouvera par la suite ; plongée dans une brume cinématographique sur fond de chœurs et de rythmiques grésillantes et obsessionnelles (One Breath to Breathe), parasitage des sonorités acoustiques (la flûte de Brazilionnaire) et tornades drum’n’bass acérées (Outnumbered, probablement le morceau le plus violent de l’artiste). La seconde moitié du disque explore un versant ouvertement plus pop avec A Stiff Drink, sorte de version breakbeat du groupe The Go Team. Barry White s’égare sur Just For You et l’ensemble s’achève sur Denouement, ballade à la guitare sèche de 7 minutes où s’égrènent flûte, saxophone et violon avant de s’évanouir dans un souffle doux et abrasif comme du Fennesz. Malgré son manque d’unité, ce disque est avant tout à prendre pour un manifeste de l’artiste résumant ici son art de la composition mêlant le mélodique et l’abstrait.

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