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Archive pour décembre 2009

Toonage – Toontastic!

46035Toonage - Toontastic! dans 03. L'Art de la Récup' 160406_1_f

CARTOONS
Toonage
Toontastic !

(Flex Records / 1998 – 2000)

La Scandinavie, sainte patrie de l’eurodance, a vu naître bon nombre de formations revendiquant une imagerie enfantine (pour ne pas dire infantile) à travers leur musique. Les Danois de Cartoons font partie de ceux qui ont poussé le plus loin le concept avec leurs costumes excentriques et leurs bananes de rockeurs. Réduisant l’esthétique du cartoon à ses représentations du plus mauvais goût (débauche épileptique de couleurs, formes accentuées jusqu’à l’excès) et laissant transparaître dans leurs clips certaines références sexuelles peu avenantes, le groupe pratique l’art de la reprise dance des classiques du rockabilly, donnant lieu à un genre à part entière : la technobilly. Joindre les extrêmes, lier deux genres contradictoires à travers l’universalité des mélodies de l’un et les sonorités bubblegum de l’autre, tel est le credo de Cartoons.
On retrouve sur leurs albums Toonage
et Toontastic ! ces mêmes rythmiques carrées et dénuées d’effets que les guitares électriques tentent de suivre sans jamais parvenir à se fondre. Le chanteur Toonie avec son accent nasillard cherche tant bien que mal à se mettre dans la peau d’un personnage de dessin animé mais ne parvient qu’à irriter avec ses effets vocaux exagérés. Un début d’originalité commence à se faire sentir avec l’arrivée d’un saxophone hélas trop rare et peu mis en avant (de même que les bruitages de dessins animés). Si le son du groupe lorgne par moments du côté de la house (Yoko) ou du R’n’B (Who Put The Bomb), l’ensemble s’embourbe trop dans le cliché pour parvenir à séduire. Tout juste peut-on se raccrocher aux paroles volontiers régressives des singles Witch Doctor et Diddley-Dee. Les années 90 ont vu dans le milieu du dessin animé de tristes exercices de reprises de personnages célèbres ; son pendant musical s’inscrit hélas dans cette lignée.

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The Wooden Horse of Troy

The Wooden Horse of Troy dans 02. Cartoons sonores 21747

WEVIE STONDER
The Wooden Horse of Troy

(Skam / 2005)

Les anticonformistes de Wevie Stonder récidivent avec cette adaptation très personnelle de l’histoire du cheval de Troie, en s’entourant cette fois-ci de quelques musiciens. Cependant n’allez pas croire que le groupe se soit assagi ; leurs collages sonores sont bien présents et débordent plus que jamais des morceaux, proposant des évolutions par à-coups totalement imprévisibles. Alors que Stalemate nous accueille chaleureusement avec son ambiance de conte de fées, nous nous retrouvons propulsé au beau milieu d’un duel de western avec When The Last Thing You Want Is The First Thing You Get, (titre-manifeste que l’on pourrait appliquer au reste du disque). On croise une fanfare poussiéreuse digne de Tom Waits sur Dog Gone, l’esprit du groupe Gong plane sur The Wooden Horse of Troy et se partage la vedette avec le cinéma d’Emir Kusturica (Gagged & Bound, The Everyone That-I-Love Stink). Le voyage s’achève sur Autopilot, boucle de cordes sur fond de voix féminine éthérée, conclusion poétique pour un disque qui se place en équivalant musical de Monty Python Sacré Graal.

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Kitch Kitch

Kitch Kitch dans 02. Cartoons sonores cdkitchkitch0_n%C2%B01

OLAF HUND
Kitch Kitch

(Musiques Hybrides / 2001)

Si pour la plupart des gens, la fête entre amis se déroule essentiellement au salon, pour le Français Olaf Hund, c’est dans la cuisine que tout se joue. L’activité foisonnante, l’art de l’improvisation culinaire, l’euphorie qui dérive gentiment sur une bataille de nourriture jusqu’à épuisement des ressources… et l’arrivée de la corvée de nettoyage…
En 10 titres (eux-mêmes divisés en 32 plages), Kitch Kitch
se veut la bande-son de ces folles soirées et comme on s’en doute, les conventions ne sont pas de mise ici. Olaf Hund conçoit une musique qui dépasse les étiquettes, transcende le genre électro afin d’en tirer des vignettes en proie à la fantaisie du dessin animé, du jeu vidéo et du générique TV. La construction subdivisée des morceaux amène un crescendo communicatif dans lequel des sonorités toujours plus folles viennent se greffer à l’ensemble : la frénésie nous gagne et l’on se demande avec une certaine appréhension comment tout cela va finir.
Myrtille Sauvage Plus
constitue une introduction jazzy plaisante avec ses carillons et son orgue Hammond. Les choses commencent à devenir « sérieuses » avec Doux pour les mains dans lequel une trompette fatiguée tente de se faire entendre tant bien que mal au milieu d’un brouhaha de bulles de savon qui éclatent et de scratchs énervés. Fraîcheur Citron introduit une dimension plus robotique avec sa rythmique carrée et son thème sorti d’une console de jeux vidéo 8-bit. Pêche-Ananas et sa mélodie joliment désuète préfèrent dériver vers la samba débarrassée de ses oripeaux exotiques au profit de voix hachées et mises en boucle. Quand y en a plus nous emmène du côte de la drum’n’bass où s’entremêlent breakbeats et claviers dans un joyeux désordre. Une fois l’éparpillement achevé, le disque marque une pause avec Dégraisse et tue les bactéries, trip-hop minimaliste qui peu à peu renoue avec l’énergie des premiers morceaux. L’activité reprend avec Fraîcheur Citron Vert qui cumule électro, bruitages et voix trafiquées avant de s’achever sur une version dub de Quand y en a plus.
Un manifeste consumériste comme on aimerait en voir plus souvent.



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